Hélène Soubeyran est née en 1943 à Paris. Installée à La Paillette-Montjoux, en pays de Dieulefit depuis 1974. Elle a exposé ses sculptures textiles et papiers, à plusieurs reprises dans la Drôme, en Europe, en Inde, aux États-Unis, au Canada, au Japon et au Chili.
Elle y a aussi été invitée à enseigner ses techniques personnelles de teinture, et à donner des conférences sur ses rencontres avec les teinturiers à l’attache en Afrique, technique bandhani en Inde, shibori au Japon, tye and dye aux États-Unis, amarras au Chili.

Pendant dix ans, elle crée des plis dans les étoffes, les teint pour obtenir des motifs, des surfaces froissées.

À partir de 1984, elle s’intéresse plus à la forme tridimensionnelle obtenue qu’à ses effets à plat après teinture. Inspirée par les formes vivantes végétales, animales, repliées sur elle-même tels les boutons de fleurs, les feuilles naissantes, les papillons émergeant de leur chrysalide, les corps recroquevillés puis étirés, elle crée des « formes à déployer » : les « Tissus Volants » prennent leur essor en installations extérieures, les « Chrysalides » et « Livres du Ciel » inspirent les créateurs de mode qui les déploient à leur façon.

En 1986, marquée par les terres arides de l’Afrique et, inconsciemment, par la maladie, elle entreprends une longue période de momification-pétrification, Elle enduit les textiles de terre, les plis devenant des strates.

Un travail sur le temps, le détachement, s’impose à elle.

Dès 1993, un besoin vital la pousse dans une nouvelle démarche : elle plisse des papiers noirs et épais, le journal « Le Monde », enveloppe ses œuvres du passé sous forme de baluchons. Elle les empile chronologiquement, dans un grand sac de toile enduit de terre qu’elle nomme le « bloc –ballot ». Compressé puis induré , le bloc est transporté à la marbrerie pour être scié.

Un présent fort sur plusieurs années ressenti chaque jour comme une survie…

Les premières étapes pour la réalisation du bloc stratigraphique — les «enveloppes» et les « baluchons » — ont été exposés à la galerie Smend à Cologne, à la galerie des 4Mains à Manosque, à la Réserve Géologique de Haute Provence à Digne, dans la Chapelle des Morts à la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon.
Les résultats de coupe — « les 9 piliers », « lames minces », « fragments » — ont été exposés au Jardin des Plantes à Paris, dans la maison Ostroviecki à Montreuil, au Musée des Beaux Arts de Santiago-du-Chili, lors de l’Hommage aux Frères Jacques à La Paillette-Montjoux, au NEC de Birmingham, à la Mostra de Arte Contemporaneo de Côme, à l’Alexandra Palace de Londres, au Musée de la Soie de Taulignan, lors de l’événement l’Art à Demeure, Mirmande, Drôme provençale.

C’est à La Paillette, dans son havre de paix, qu’elle peaufine encore quelques coupes stratigraphiques. Sollicitée pour des expositions, elle accompagne de sa présence ce qu’elle nomme l’œuvre de sa vie : « Du Souffle de la Terre ».

"Du Souffle de la Terre" est comme un fruit muri
sur "l'arbre de vie" de mes créations reliées à la couleur, au pli, à la strate.
Sa coupe nous offre une lecture géologique du temps lié à une vie.
Hélène Soubeyran

 

Design graphique Lisa Renberg